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Croissance dans le calme et stabilisation (1914-1940)

Le Père Flavien Prat (1912-1938), la Soeur Marie-Claire Pécuchet (1894-1925) et la Soeur Benjamine de Noual de la Billais (1926-1948) dirigèrent la Congrégation pendant la Première Guerre Mondiale et la période entre les deux guerres. La guerre fit des victimes parmi les membres de la Congrégation ; des Maisons furent endommagées et, à certains endroits, des membres de la Congrégation furent opposés les uns aux autres en tant qu'ennemis. D'un autre côté, les Sœurs et les Frères furent très appréciés en France pour le travail qu'ils firent dans les hôpitaux et pour les services qu'ils rendirent sur le front.

L'après-guerre fut, de nouveau, une période de croissance pour la Congrégation, et particulièrement pour les Pères qui surent exploiter cet avantage. Il y avait déjà une Province française, une Province belge et une Province d'Amérique Latine. Ensuite, vinrent s'ajouter une Province d'Allemagne (1920), une Province d'Espagne (1923), une Province des Pays-Bas (1923). Quand, en 1917, le Code du Droit Canon fut publié, la Règle de Vie dut être adaptée. Les Sœurs y furent prêtes dès 1922, les Frères ne le furent qu'en 1928. Les Soeurs, cependant, refusaient toujours d'être divisées en Provinces, tandis que les Frères avaient réussi à trouver un équilibre raisonnable entre le Gouvernement Général et l'autonomie provinciale. Pendant cette même période, les Pères poursuivirent leurs nouvelles implantations : en Norvège (1920), au Portugal (1931) et en Autriche (1932). Quant aux Soeurs, elles s'établirent au Canada en 1928. Enfin, la Congrégation devint, pendant un moment, le centre d'intérêt international quand, en 1936, le corps du Père Damien de Veuster fut transféré de Molokaï à Louvain. Mais, à ce moment-là, il y avait déjà de sombres nuages à l'horizon politique. La guerre civile en Espagne fut le signal du désastre mondial qui devait suivre; 13 de nos Frères furent victimes de la guerre civile en Espagne.

Les Sœurs et les Frères ne se lancèrent dans aucune nouvelle entreprise pendant cette période, mais ils développèrent paisiblement le travail en cours dans les Missions d'Océanie. Au Mexique, le travail des Pères fut rendu très difficile par la persécution de l’Eglise (1918-1924). Cependant, il y eut quelques nouvelles fondations : les Pères allèrent au Brésil (1925) et en Argentine (1929) ; les Sœurs vinrent aussi en Argentine (1935) et, pour la première fois, des missionnaires de la Congrégation partirent pour l'Asie. Les Pères commencèrent par les Indes néerlandaises (1924) et l'Ile chinoise de Hainan (1923). Puis les yeux se tournèrent vers l'Afrique et une mission fut implantée au Congo (1930).

L'Oeuvre d'Intronisation du Sacré Coeur se développait très rapidement et, dans bien des pays, elle connut un réel succès. Cette forme d'apostolat présentait un grand attrait et semblait apporter une réponse claire aux besoins de l'époque. Elle contribua, du reste, en bien des endroits, au bon renom de la Congrégation.

Pendant cette première moitié du XXème siècle, la spiritualité de la Congrégation n'était pas encore prête pour un vrai renouveau en profondeur. La Règle de Vie de 1898 était encore la référence principale qui ne laissait place qu'à quelques commentaires hésitants sur un point ou un autre. On n'avait encore à son sujet mené aucune réflexion théologique en profondeur. Pendant l'entre deux guerres, les Soeurs et les Frères étaient résolument du côté des conservateurs. Envers et contre tout, ils suivaient le magistère de l’Eglise et, comme le Pape et les évêques, ils proclamaient la foi catholique et la manière de vivre de l'Eglise. Cette façon d'agir contrastait vivement avec ce qui se passait dans le monde autour d'eux, un monde corrompu et une société sans Dieu dans laquelle des systèmes, tels que le communisme et le fascisme, semblaient se donner libre cours. La perversité du monde était un stimulant pour garder vivant l'esprit de Réparation. On peut dire aussi que, pendant cette période de croissance tranquille, la Congrégation en resta à la tradition et, comme elle n'explora aucune voie nouvelle, elle se fit d'une façon générale plutôt discrète et ne manifesta guère d'imagination. Cependant, cela voulait dire aussi que les Soeurs et les Frères, en raison justement de leur attitude conservatrice, restaient profondément préoccupés de leur sanctification personnelle et exerçaient tout leur zèle pour répandre le Royaume de Dieu sur terre.

La transition vers une nouvelle période (1940-1960)

En 1938, le Père Jean du Coeur de Jésus d'Elbée fut nommé Supérieur Général des Pères. En 1958, il renonça à son droit au Supériorat Général à vie et fut remplacé par un Père Belge, le Père Henry Systermans (1958-1970), le premier Supérieur Général non Français. Sœur Benjamine de Noual de la Billais (1926-1948) et Sœur Zénaïde Lorier (1948-1964) furent les Supérieures Générales des Soeurs.

La Seconde Guerre Mondiale fit beaucoup de victimes parmi les membres de la Congrégation et provoqua beaucoup de dégâts matériels. Dans la Congrégation, en Europe, le sentiment antifasciste était général et cependant rares ont été ceux qui se sont engagés contre le fascisme et le nazisme. Les relations personnelles n'en furent donc pas gravement affectées.

Après 1945, on travailla dur à la reconstruction. Pour notre Congrégation, ce furent des années de nouvelles implantations. En 1955, il y avait 1779 l'ères et Frères et 1500 Soeurs. Cela entraîna la création de nouvelles fondations : les Pères en Pologne (1946), en Irlande et au Canada en 1948 et les Soeurs en Irlande en 1950. Le Gouvernement Général fut transféré à Rome et les Pères ajoutèrent quelques nouvelles fondations en Italie du Nord (1956). Pour les Pères, il y eut peu de changements dans leur Règle de Vie ; celle-ci, du reste, ne devait pas changer avant 1964. Quant aux Soeurs, sous la direction de Sœur Zénaïde Lorier, elles connurent un vrai renouveau. En 1956, elles furent enfin subdivisées en provinces et, toujours en 1956, la Règle de 1825 fut remplacée par une autre entièrement nouvelle.

On fit aussi de nouvelles et lointaines fondations. En 1948, les Frères s'établirent en Equateur et des missionnaires furent envoyés au Japon. Les missionnaires des îles Cook s'occupèrent temporairement des îles Chatham et s'établirent en Nouvelle-Zélande pour suivre les émigrants de leur mission. En 1956, quelques Pères partirent pour le Mozambique et un an plus tard pour Singapour. Après la guerre, l'Oeuvre d'Intronisation continua à s'étendre presque partout, sous la forte impulsion du Père Mateo qui mourut en 1960. L'Association Extérieure poursuivait son excellent travail et beaucoup de familles s'inscrivirent pour l'adoration Nocturne au Foyer ce qui provoqua la remarque suivante d'un journaliste "La Congrégation du Père Coudrin empêche le monde de dormir". En plus de la consécration au Sacré-Coeur de Jésus, la dévotion au Coeur Immaculé de Marie devint aussi très populaire, surtout après que le Pape Pie XII eut consacré le monde au Coeur Immaculé de Marie en 1948. Cette décision lui fut inspirée par les apparitions de Fatima au Portugal.

Pendant et surtout après la guerre, bien des changements affectèrent le monde. Quelques-uns d'entre eux étaient quasi révolutionnaires, mais les autorités ecclésiastiques réagirent lentement voire négativement aux nouveaux mouvements concernant l’exégèse, la théologie, la liturgie et la pastorale. Les responsables de la Congrégation se sentirent plus en sécurité dans le cadre des conceptions traditionnelles, celles qui leur étaient familières depuis toujours. Est-ce que la loyauté envers la tradition n'était pas la meilleure garantie de sécurité pour l'avenir ? Beaucoup de nouveaux chantiers ont été ouverts, nous n'avions jamais été aussi nombreux. N'était-ce pas assez de modifier notre spiritualité sur quelques points de détail mineurs et de l'adapter soigneusement de manière légèrement moderne ? Pendant les années "50" cependant des changements commencèrent à s'opérer. On se rendit compte de plus en plus que notre héritage spirituel devait être reformulé dans un nouveau cadre théologique, biblique et historique. Une nouvelle Commission de Spiritualité fut instituée qui fit du très bon travail sous forme d'études et de publications. Le Chapitre Général des Frères publia une "Explication de la Spiritualité de la Congrégation des Sacrés Coeurs" comme ligne de conduite pour l'avenir. Beaucoup fut fait pendant les années qui suivirent, mais ce furent les changements radicaux introduits par Vatican II qui forcèrent à rechercher encore de toutes nouvelles voies.

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