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40 ans de présence dans le quercy

La Communauté des Sacrés-Coeurs dans le Quercy a fêté ces 40 ans de présence à Limogne, en juin dernier, en présence de nombreux frères.

Horizons Blancs, revue des Frères, Soeurs et Laïcs ss.cc en France, est allé à la rencontre du père fondateur de cette Communauté fondée en septembre 2008: le Père Martial Couderc ss.cc. Il nous raconte 40 ans de présence.

H-B: Martial, tu as été un des premiers à faire partie de la communauté de Limogne, peux-tu nous dire comment ça a démarré?

Martial Couderc: De fait, j’arrivais à Limogne en septembre 1968 avec trois autres confrères : Gilbert Pirus, Francis Bousquié et Maurice Constans. Quelques mois plus tard nous rejoignait le Père Venance Costes, ancien missionnaire en Océanie, qui voulait vivre avec nous, sans avoir de charges pastorales. Il assurait à la communauté la cuisine et le jardinage.

HB: Pourquoi une telle fondation de Picpus à Limogne?

M.C: Ce fut un concours de circonstances. D’abord il faut signaler que nous étions au lendemain de mai 68, mais davantage au lendemain du Concile de Vatican II. Il faut se rappeler que, en ces temps-là, même dans nos Instituts Religieux soufflait un vent de renouveau. Les jeunes religieux rêvaient de constituer de nouvelles communautés moins nombreuses et surtout davantage insérées dans un contexte social où l’approche des gens serait plus facile.
Notre Supérieur Provincial de l’époque, P. Xavier Riou, était très attentif à cette recherche. Il se trouva donc que dans le même temps, les Évêques étaient demandeurs, pour une participation plus active des religieux dans le travail pastoral de leur diocèse, demande sans doute pas toujours désintéressée, car le nombre des prêtres diminuait.
Ainsi, Monseigneur Bréheret, Évêque de Cahors fit une demande à notre congrégation pour une prise en charge d’un groupe de paroisses en milieu rural du Lot, sans prêtre. La proximité de Graves aussi aida ce choix.
Cette nouvelle implantation à 22 kms de Villefranche favorisait une présence de Picpus plus importante dans la région et on pouvait espérer des échanges fructueux entre les deux communautés voisines.

HB: Peux-tu nous présenter en quelques mots cet ensemble paroissial?

M.C.: L’ensemble paroissial a bien évolué en 40 ans! Au début c’était deux groupes de paroisses: l’un de trois et l’autre de cinq villages.
Aujourd’hui ce sont quatre groupes de paroisses qui totalisent une trentaine de communes ou villages. C’est un territoire qui va des limites de l’Aveyron jusqu’aux portes de Cahors! sur une longueur d’à peu près 40 kms!

HB: Cela voudrait-il dire que vous aviez moins à faire au début?

M.C.: C’est vrai que le travail pastoral était différent ! mais il faut signaler que sur les quatre frères que nous étions, seulement deux (Gilbert et Michel) étaient chargés des paroisses. Les deux autres avaient d’autres responsabilités hors du secteur : Maurice étaient aumônier des communautés portugaises tant sur le Lot que sur l’Aveyron. Moi-même j’étais aumônier des jeunes du collège de Cajarc et au bout d’un an associé à l’équipe diocésaine de Catéchèse et enfant du caté sur les marches de l’église de St Martin Labouval très vite ensuite aumônier diocésain de l’ACE. Et il faut dire qu’à l’époque tant les communautés portugaises que les jeunes étaient plus demandeurs qu’aujourd’hui et que leurs aumôniers étaient assez occupés.

HB: Vous formiez donc une communauté de cinq / quatre "actifs" en pastorale, plus le Père Costes qui vous rendait d’énormes services puisqu’il tenait le jardin et la cuisine, deux postes clés pour une communauté! Etes-vous restés longtemps ainsi?

M.C.: Non, il y eut beaucoup de changements. Le premier qui nous quitta fut Francis Bousquié, au bout d’un an. Du coup je devenais curé de Limogne.
Ensuite vint le P. Lucien Delsol (1970) qui resta trois ans. Le P. Eugène Gicquel le remplaça au poste de curé de Limogne (1973). Il exerça durant deux ans, car il mourrait subitement en fin d’année scolaire (1975). Le P. Raymond Dubois devait le replacer, mais dut nous quitter au bout d’un trimestre pour raison de santé (fin 1975).
Entre temps était venu nous rejoindre le frère Robert Kaiser qui remplaça le P. Costes, parti pour une retraite complète à Sarzeau. Le P. Gilbert dut quitter aussi le Lot pour sa Moselle natale, à Guénange et ainsi être proche de sa maman malade. Ce devait être aussi en 1975.
Du coup, après tous ces départs successifs, je me retrouvai seul, pour assurer les messes sur le secteur et continuer mes responsabilités sur le diocèse.
Heureusement m’arriva une aide précieuse, début l976 en la personne du P. Auguste Lochou. Après une opération des yeux, le calme et le vert de la campagne lui convenaient parfaitement. Nous travaillions bien ensemble, quand, à ma grande peine, (début 1977) je dus quitter moi-même ce pays et les gens auxquels je m’étais très attaché, pour prendre la charge de Provincial.
Ensuite, vinrent plusieurs frères… je nomme successivement mais, n’étant plus là, je ne peux préciser l’ordre ni les dates d’arrivée et de départ : le P. Marcel Gillet, le P. Florian Bour, le P. Bernard Guégan le P. Gabriel Verdier, le P. Gabriel Fabre.
Puis le P. Henri Gayraud arrivé en 1989, il meurt subitement à Cajarc en 1996. En effet à Cajarc s’était établie une nouvelle communauté, en 1984 avec le P. Marcel Gillet et le P. Florian Bour. Marcel resta à Cajarc jusqu’en 1993, date d’arrivée du P. Antoine Longuy qui lui y exerça son ministère durant huit bonnes années. A cette date nous laissions de nouveau Cajarc au clergé diocésain.
Après une courte interruption de notre présence à Limogne, après le décès de Henri Gayraud arriva en septembre 1998, le P. Henri Olier avec tout l’enthousiasme qu’on lui connaît et son expérience de 40 ans au Pérou. Il y restera 6 ans. Moi-même, rentrant du Pérou je le rejoignais fin 1998.
Actuellement la communauté est composée des pères Auguste Lochou et Alain Donniou, et moi-même.

HB: Pourrais-tu nous dire ce qui fait la particularité de votre présence à Limogne?

M.C.: Nous sommes là essentiellement pour le service paroissial, bien sûr adapté à ce milieu rural caractérisé par une faible densité de population, une moyenne d’âge élevée, une dispersion des villages, le départ de beaucoup de jeunes à la recherche de travail, la diminution du nombre d’agriculteurs qui ont besoin de plus en plus d’espace pour un travail rentable sur un sol pauvre. Et c’est l’élevage ovin qui constitue la plus grande activité.
La production de la truffe noire, à la renommée universelle est presque une légende. Elle existe toujours, surtout sur le secteur de Lalbenque, mais bien réduite, comparée à celle d’autrefois. Aujourd’hui les producteurs viennent au marché avec des petits paniers de quelques grammes au plus de quelques kilos, alors qu’autrefois, c’était avec des tombereaux pleins ! Par contre le prix n’a pas diminué: autour de 500 € le kilo!

HB: Et aujourd’hui, comment définirais-tu votre présence dans ce secteur?

M.C.: Définir ?... j’aurais du mal à dire cela… nous sommes là d’abord comme religieux, comme communauté. Les gens nous connaissent ainsi… nous ne faisons pas de miracles… mais nous essayons d’être disponibles pour visiter les personnes âgées, accueillir les gens.
Limogne se situant sur le chemin de Compostelle (GR 65), nous voyons beaucoup de pèlerins. Ils viennent nous rendre visite, participent quelques fois à l’Eucharistie, aiment causer un moment…
Durant l’été la population augmente énormément: touristes ou familles en résidence secondaire. Durant cette période c’est un tout autre rythme de vie et en même temps d’activités pastorales. Plusieurs étés de suite, nous avons fait, avec Christian Malrieu et quelques jeunes, de l’animation en l’église de Saint Cirq Lapopie: haut lieu de tourisme, pour accueillir les nombreux visiteurs (près de 1 500 personnes par jour).
Sinon, quotidiennement c’est le travail pastoral habituel : catéchèse, liturgie dominicale, sépultures… accompagnement de groupes de réflexion, de bible, de mouvements (MCR).
Le plus marquant ces dernières années fut la mise en place de personnes « relais », dans chaque village, d’équipe de funérailles qui accompagnent les familles en deuil, des catéchistes, non seulement pour les enfants du primaire, mais aussi pour l’éveil à la Foi des tout petits et pour accompagner les jeunes vers la Profession de Foi et vers la Confirmation.
Bien sûr, tout cela nous le vivons avec notre charisme propre de "picpuciens" mais aussi en lien avec les orientations du diocèse qui a pris un nouveau souffle avec l’arrivée en 2004 de Mgr. Norbert Turini. Dès le début de son mandat il lança un Synode auquel, bien sûr, tous les fidèles ont participé activement, Synode conclu lors d'une grande fête à la Pentecôte 2008, au parc des Exposition à Cahors.

HB : Merci, Martial, et que l’évocation de cette grande fête de l’Église de Cahors augure de belles et nombreuses années encore de votre communauté dans le Lot.!


Source: Horizons Blancs n°195



Limogne en Quercy: Le Blog

La Paroisse de Limogne en Quercy (Diocèse de Cahors) a son Blog:

Il voudrait être un moyen d'information pour tous ceux qui peuvent être intéressés par les propositions et activités de l'Église en ce secteur de Limogne: horaires et lieux des messes, liturgie, catéchèse, préparation aux sacrements de mariage et baptême, groupes de réflexion, de formation, d'action de solidarité, etc

Le blog offre aussi des nouvelles du coin, des photos sur certains évènements locaux, etc... "Bonne visite à tous et à chacun!" souhaite Martial Couderc, curé de Limogne en Quercy.

http://enparoisse.over-blog.com




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